Indice de fiabilité des sources en généalogie (IFSG)

    par: Denis Ouimet

VO20161001

VR20170924

 

À titre de formateur lors d’ateliers de généalogie on me demande souvent quelles sont les  sources de renseignements les plus fiables. Invariablement, ma réponse, «les documents originaux tels que les registres paroissiaux (l’état civil), par exemple, c’est ce qu’il y a de plus fiable». Or, cette réponse suggère donc que certaines sources de renseignements sont plus fiables que d’autres. Autrement dit, avec le temps et les nombreuses recherches effectuées, j’ai constaté que certaines sources de renseignements généalogiques étaient plus fiables que d’autres. De là, est venu l’idée de décrire, selon un indice, le degré de fiabilité des sources de renseignements généalogiques afin de conscientiser les chercheurs sur la validité de ce qui est disponible sous forme manuscrite et électronique.

 

Bref, il faut expliquer qu’un certain nombre d’erreur s’est glissé dans la création des banques de données et des «recensions» publiées ou en ligne. Puisque la mémoire est une faculté qui oublie ou lorsqu’un travail manque de rigueur, «mensonge répétée devient vérité»… il faut être conscient que ce n’est pas parce que c’est écrit dans un livre ou publié sur un site web que c’est «la vérité». Tout récemment, un correspondant américain écrivait ce qui suit : «L’intention de certains généalogistes semble être de combler les espaces blancs de leur arbre généalogique en recopiant les uns des autres sans remettre en question l'exactitude de leurs sources».

 

Ainsi, le meilleur conseil que je puisse donner est de noter ses trouvailles et de les vérifier en utilisant des sources fiables; autrement dit, le plaisir consiste à valider ou invalider ses trouvailles. En fait, noter signifie d’écrire les prénoms, les patronymes, la date, l’endroit et les sources consultées. Idéalement, dans le but d’économiser du temps au moment de noter les sources consultées, il suffit de se créer une liste de sigles pour les désigner. Par exemple, le Dictionnaire généalogique des familles du Québec de René Jetté est représenté par le sigle DGFQ. Voir d’autres exemples sur la page qui suit.

 

Ci-dessous, une première ébauche pour tenter d’évaluer le degré de fiabilité de quelques sources de renseignements généalogiques. Sont inclus, les définitions des cinq degrés de fiabilité en ordre décroissant ainsi quelques exemples tirés d’une liste qui est loin d’être exhaustive. Cette classification est basée uniquement sur mon expérience personnelle et ne doit pas être vue ou interprétée pour diminuer la valeur des sources de renseignements généalogiques.

 

Enfin, si une partie du travail d’un généalogiste consiste à établir des filiations, l’échelle de fiabilité contribuera à valider la fiabilité des renseignements recueillis peu importe leur provenance. Le but premier de cet article sera donc atteint lorsque les chercheurs tenteront de valider leurs trouvailles à partir de sources fiables.  

 

Je tiens à remercier mes collègues de la Société de généalogie de l’Outaouais pour m’avoir fait part de leurs commentaires et leurs suggestions afin d’améliorer le fond et la forme de cet article.

 

NDLR À la demande de l’auteur, le présent article a été publié par la Société de généalogie de l’Outaouais dans L’Outaouais généalogique, volume XXXVIII, numéro 4, à l’automne 2016, pp. 136-137.

IFSG    Description/interprétation/exemples

 

A      renseignements tirés des documents originaux et recensés par des généalogistes chevronnés ou

        formés qui font état d’une grande rigueur ou une méthodologie impeccable

        exemples : sources primaires tels que les registres paroissiaux (l’état civil) qui peuvent comporter de

        rares erreurs, les actes notariés et à la limite, Le Lafrance (LL)*, Ancestry*…

        *NB seuls les renseignements généalogiques accompagnés d’images numérisées

        provenant de registres paroissiaux (l’état civil) ou d’actes notariés font partie de

        la présente catégorie.

 

B      renseignements recopiés par plusieurs personnes ou retranscrits de sources primaires pouvant

        comporter des erreurs de transcription ou de normalisation des noms ou des dates

        exemples : sources secondaires tels que les répertoires (N, B, M, D, S, C), les avis de décès, les

        pierres tombales, le dictionnaire Tanguay (DT), Le Bureau de la statistique du Québec (BSQ), le Programme de recherche en                   démographie historique (PRDH), le Dictionnaire généalogique des

        familles du Québec (DGFQ), le Fichier Origine (FO), la Généalogie des Français d’Amérique du

        Nord (GFAN),  le site Généalogie du Québec et d’Amérique française (GQA), les

        interprétations paléographiques, Ancestry…

 

C     renseignements recopiés de sources primaires, secondaires ou autres qui présentent un certain

        nombre d’erreurs

        exemples : sources tertiaires tels que BMS2000, La Masculine (LM)/La Féminine (LF), Mes Aïeux (MA),

        les recensements (REC), Ancestry, les monographies paroissiales (MP), les dictionnaires

        de famille (DF)…

        *NB les données présentées dans les recensements sont parfois douteuses car certaines

         dates de naissance, voire plusieurs, sont erronées; de plus, plusieurs noms de

         famille et prénoms ont été massacrés par des recenseurs peu méticuleux.

 

D     renseignements dérivés de la tradition orale familiale mais pas nécessairement contrevérifiés à

        l’aide de sources considérées fiables

        exemples : renseignements personnels, sites web personnels, communications personnelles…

 

E    renseignements recopiés sans discernement pouvant être transmis par des personnes non-

       formées et/ou renseignements basés sur la mémoire ou la tradition orale

       exemples : autres sources tels que le Centre de généalogie francophone d’Amérique (CGFA), les forums

      de discussion, Ancestry, les sites web…

NDLR – toutes catégories confondues, il faut noter que plusieurs personnes complètent leurs recherches avec beaucoup de rigueur et que leur(s) production(s) manuscrites et/ou électroniques se retrouvent malheureusement dans les catégories jugées moins fiables.